Yoko Takahashi à la Japan Expo 2018 ~L’histoire d’une chanteuse face au synthème~

Quelle surprise ! Après des années à grommeler et à militer pour ça, la chanteuse Yoko Takahashi a enfin été invité en France dans le cadre de la Japan Expo, la célèbre rendez-vous estival réunissant de nombreux admirateurs de la culture asiatique.

Il faut dire que ce n’est pas trop tôt car la célèbre chanteuse a fait le tour du monde de de ce genre de festival pour y interpréter ses célèbres génériques de la série des films cultes Evangelion.

Pour ceux qui me suivent depuis plus de 15 ans, vous le savez bien, Yoko Takahashi fait partie de mes artistes « de cœur et de nostalgie » dont je parle et analyse la moindre sortie.

La plupart d’entre vous pense que Yoko Takahashi a commencé sa carrière en 1995 avec la sortie Zankoku na Tenshi no These, le générique d’ouverture de la série Evangelion… Et bien non ! C’est une grosse erreur et ne permet pas de comprendre Yoko Takahashi, une artiste à la carrière étonnement clivée entre les chansons liées à l’animation et une musique plus personnelle.

La carrière professionnelle de Yoko a réellement commencé en 1991 avec la sortie de son premier single Okaeri, qui précéda de quelques mois son premier succès d’estime, la ballade P.S. I Miss You. Le succès se confirmera avec une autre ballade Mou ichido aitakute, sortie quelques mois plus tard. Son premier album sortira en 1992 sous le titre Pizzicato.

Mais avant d’entendre les 5 octaves de Yoko Takahashi sur ses propres chansons, la jeune femme a travaillé sur de nombreux disques en tant que choriste (1985-1990) et a posé sa voix sur des maquettes pour d’autres artistes. Mais celle qui voulais devenir chanteuse d’opéra (elle a fait des études dans ce sens), a enregistré en réalité sa première chanson en…1972 à seulement 6 ans !

En effet, seul les fans les plus avisés connaissent cette anecdote, Yoko a interprété le générique d’ouverture de l’adaptation animé de Fushigi na Merumo (de Tezuka, au passage une série à voir pour son aspect étonnant qui parle de sexualité aux enfants).

Après d’excellents albums pop au début des années 90 (avec un certain succès), dont le particulièrement novateur Watashi wo Mitsukete (1994), la carrière de Yoko explose avec le célèbre générique d’Evangelion. Le succès de la série a entrainé la chanteuse sur le devant de la scène dans un secteur très particulier, celui des interprètes de génériques. Un monde particulier qui possède ses codes et son marché très spécifique.

Outre le fait que ce générique a rendu Yoko Takahasi populaire et a permis une magnifique rencontre artistique (mais pas que ^^) avec le compositeur-producteur Toshiyuki Omori… Ce succès soudain a enfermé Yoko dans la case « chanteuse pour Evangelion ». De 1995 à 1998, Yoko Takahasi a fait quasiment que ça avec un certain succès. Elle interpréta de nombreuses chansons dans les OST de la série et remis une couche avec le 2eme succès lié à Evangelion, la très célèbre chanson Tamashii no Refrain, générique du premier film !

Une période paradoxale pour Yoko qui enchaine les succès autour d’Evangelion mais ne parviens pas à imposer son excellent projet personnel : l’album Living with Joy (1996), dont elle résista pour pas qu’il contienne la chanson Zankoku na tenshi no Thesis. Elle fut reléguée dans une version pop (moins générique d’animation musicalement parlant) au milieu de chansons plus personnelles dans son best of Best Pieces sortie sur la même période.

Fin 1997, après le succès de Tamashii no Refrain, Yoko Takahashi fut « contrainte » de sortir un nouvel album surfant sur le succès d’Evangelion. Elle opte pour une stratégie audacieuse qui marque avec force les deux « voix » de Yoko. Elle décida de sortir deux albums le même jour : Refrain ~The Songs Were Inspired By « Evangelion » produit par Toshiyuki Omori reprenant toutes les chansons interprétées pour la série, et l’étonnant album Li-La.

Pour ce dernier elle fit appel à Yutaka Fukuoka, musicien spécialiste de la musique électro-ambiance, qui donna un son unique à ses chansons plus personnelles. Cependant cet album devait contenir les deux chansons Zankoku na Tenshi no Thesis et Tamashii no Refrain. Elle les réinterpréta avec malice dans des versions déstructurées et audacieuses, loin des standards des génériques habituels.

En 1999, Yoko tenta d’imposer un projet plus personnel avec l’album Harmonium (magnifique au passage), mais le succès ne fut pas au rendez-vous et refusant de refaire sans cesse des chansons « à la Evangelion », son contrat avec sa maison de disque ne fut pas renouvelé.

S’en suivra 5 années de galère, ou Yoko Takahashi tenta des projets intéressants loin des génériques d’animation. Elle échoua dans des micro-labels avec des albums passés inaperçus… Étonnamment, avec AUM et L’ange de Metamorphose, la chanteuse signera sans doute ses meilleurs albums.

En 2005, comme un symbole de son renoncement, elle signe un contrat avec Geneon Record, label spécialisé dans l’animation. Elle sortira plusieurs singles à succès (Metamorphose, WING, Yoake umarekuru shojo et Aoiki Flamme, tous générique d’animation) et son fameux album Sore wa Toki ni Anata wo Hagemashi, Toki ni Sasae to Naru Mono, une sorte de melting pot de sa carrière jouissif, décomplexé et assumé.

Yoko compris alors que son nom est et sera toujours lié à l’animation. Elle sort depuis lors pratiquement que des disques liés à l’animation (dont 4 singles en liens direct avec Evangelion). Cependant, on retrouve des chansons personnelles en Face B de single. Hélas avec la crise du disque et la frilosité des labels, Yoko ne sortira que des albums de reprises, 20th Century Boys & Girls (2010) et 20th Century Boys & Girls II (2015) et leurs inénarrables nouvelles versions des chansons cultes d’Evangelion.

Ses projets personnels depuis sont assez rare, mais notons le très belle album Uchuu Uta (2013) (Un vrai faux album studio épuré, enregistré en live en autoproduction) et un improbable album de reprise de Noël (en Anglais) enregistré avec des musiciens Américains sorti en vinyle et téléchargement en 2015.

Les dernières sorties de Yoko Takahashi datent de l’année dernière, avec un très jolie single intitulé Welcome to the stage! produit par Shiro Sagisu et le best of symboliquement intitulé YOKO SINGS FOREVER, contenant de très intéressantes nouvelles versions des génériques d’Evangelion dans des versions piano-voix particulièrement émouvantes.

C’est un peu triste de constater que le véritable dernier album studio de Yoko Takahashi date de 2005 et comme un symbole, dans quelques semaines, Yoko Takahashi sortira un single contenant les fameux génériques d’Evangelion dans des version remasteurisés !

Quoi qu’il en soit, je serai ravi de rencontrer Yoko (pour une petite interview hors des sentiers battus peut être ?) et de la voir interpréter des chansons en live (même s’il s’agit que des générique d’Evangelion). Il s’agit d’une vraie grande artistes et la carrière intéressante autant artistique que sur le symbole d’un système qu’elle représente.

Titre : Zankoku na Tenshi no These / Tamashii no Refrain (Remaster)
Date de sortie : 2018.06.20
Référence : KICM-3340
Prix : 1,080 yens

01. Zankoku na Tenshi no These
02. Tamashii no Refrain
03. Zankoku na Tenshi no These (Instrumental)
04. Tamashii no Refrain (Instrumental)

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