[Interview Exclusive] Yoriko Ichinomiya !

yttrCette semaine je vous présente Yoriko Ichinomiya avec une interview exclusive pour les fans Français. Rappelez-vous, il a plusieurs mois je vous avais parlé de cette grande artiste avec son album Tango Koi Uta qui m’avait littéralement éblouis (je conseil de relire ma critique ici) et qui avait logiquement pris place dans mon top de l’année.
Inventive, amusante et émouvante, Yoriko se livre avec simplicité et émotion dans cette interview ou l’on apprend beaucoup sur sa carrière et sa personnalité très attachante.
Van : Bonjour, Yoriko Ichinomiya. Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Yoriko Ichinomiya : Bonjour, Mr Van (en Français)Avant tout, merci beaucoup pour votre soutient ; Je suis tellement heureuse de savoir que certaines personnes aiment et écoutent ma musique. C’est un sentiment très excitant !Bien, pour votre question… Pour ceux qui me rencontrent pour la première fois…Hello, Je suis Yoriko Ichinomiya, une chanteuse, parolière et compositrice vivant au Japon. Je joue du piano et je chante. J’ai commencé le piano et le ballet à l’âge de 3 ans, et maintenant, Je fais exactement la même chose, danser, chanter et jouer du piano… (Rire)
J’ai commencé à composer à 6 ans et la musique ne m’a jamais quitté pendant toutes les années ou j’étais une athlète.J’ai été footballeuse professionnelle (haut niveau, membre de l’équipe « east Japan »), hockeyeuse sur glace pressionnelle également à haut niveau et hockeyeuse sur roller (j’étais dans l’équipe nationale pendant plusieurs années). Et bien entendu j’ai toujours continué la danse.
Van : Vous avez une carrière assez multiple ! Vous avez fait plusieurs métiers. Comment expliquez-vous cela ? Quel métier avez-vous le plus aimé ?Yoriko Ichinomiya : Oh, merci. Eh bien, c’est surement la musique que j’aime le plus, mais je suis comme une enfant, je fais seulement ce que j’ai envie, c’est tout… Alors j’ai apprécié chaque moment de ma vie peu importe ce que j’ai pu faire. Je n’ai jamais pensé que toutes ces activités étaient un travail… Musique, mannequin, danser, le football, le hockey sur glace et à roller… C’était pareil… ma passion.

01Van : L’équipe de football féminine Japonaise vient de gagner la coupe du monde. Avez-vous regardez la final ? Les media commencent à s’intéresser aux sport féminin, qu’en pensez-vous en tant que femme et ancienne sportive ?

Yoriko Ichinomiya : Oui, j’ai regardé le match. C’est merveilleux qu’elles aient gagné ! C’était géniale, un beau match. J’étais spécialement heureuse car beaucoup de joueuse de cette équipe étaient dans la mienne. Oui, je suis une passionnée, j’ai grandi avec un ballon de football. Un vrai garçon manqué !
Van : Parlons musique ! Vous avez sorti deux albums, [Chaos] en 2001 et [Tango koi Uta] en 2010. Pourquoi autant d’année entre les deux albums ?
Après avoir sorti le single [Aphrodisiac] et l’album [Chaos], j’ai fait une pause dans la musique pour me consacrer sérieusement au hockey sur glace. J’ai dut déménager de Tokyo pour le nord du Japon juste pour jouer au hockey. J’ai pris l’habitude de voyager chaque année pour les championnats du monde et beaucoup d’autres compétitions, et bien sûr, les camps d’entrainement… L’entrainement et les compétitions me prenaient 6 jours par semaines… Oh, J’étais aussi à Paris pour les championnats du monde. On comprend pourquoi j’étais trop occupée pour faire de la musique.
Après ma retraite du hockey en 2008, je suis naturellement revenu, à la musique.
Van : Pourquoi avoir utilisé le pseudonyme Daija pour votre premier album et repris votre vrai nom dans le second ?
Yoriko Ichinomiya : Avec ma précédente maison de disque nous avons créé ce nom avant l’enregistrement de l’album. Nous avons fait une liste de plusieurs mots que nous avons mis en image et les fusionnant… Cela a donné Daija. Ce mot en soi n’a aucun sens et c’est ce que nous voulions… Ce nom pourrait signifie plusieurs choses comme « The Asia », « Dizzy » ou « déjà-vu »  ou tout autre mot que l’on peut imaginer aux sonorités. Voilà la signification.
Quand je me suis décidée à de nouveau faire de la musique, je n’avais rien prévu (album etc…), je voulais juste jouer du piano et chanter, je suppose que c’était instinctif, j’ai grandi en jouant du piano, c’est pour cela que se fut très naturel de m’exprimer avec un piano.
Donc, en jouant des musiques plus acoustiques, je voulais être naturelle et faire face à la musique comme si j’étais nue.  Je voulais être moi, pas Daija, c’est pour cela que j’ai recommencé la musique avec mon vrai nom.
0000111Van : Votre musique possède un style original et unique, comment définissez-vous votre musique ? Quelles sont les différences majeures entre vos deux albums ? (J’ai noté un changement de style, le premier album est plus  musique électronique presque pop, le deuxième va plutôt vers un jazz mixé à de multiples influences (traditionnelles, piano-violons et guitares).
Yoriko Ichinomiya : Je joue de la musique avec des notes et je n’ai jamais pensé à ce qu’est mon style.
Pour mon premier album, j’avais un producteur et un arrangeur, je n’ai pas joué tous les instruments. Mais j’ai aimé la façon dont ils ont produit mon album, surtout de voir mes chansons se mettre en couleurs et prendre de l’ampleur au fur et à mesure du processus d’enregistrement. J’aime la musique électronique, lounge et club, c’était très amusant.
Je l’ai dit tout à l’heure, j’ai grandi avec le piano, je suppose que c’est plus ma nature de jouer dans un style plus acoustique comme sur mon second album.
Van : Quels sont vos sources d’inspirations ? Comment travaillez-vous ?
Yoriko Ichinomiya : Je n’ai jamais essayé d’écrire, l’inspiration vient toujours à l’improviste, comme quand je suis sur mon vélo, que je joue avec mon chien ou même quand je fais le ménage dans mon appartement…. Je collecte ainsi tous ces petits morceaux de musique pour essayer de les mettre ensemble par la suite.
Oh parfois je compose des chansons entières dans mes rêves… J’adore quand cela arrive, la chanson est faite à mon réveil, cela signifie que je n’ai pas à passer des heures devant mon piano… (Rire)
Van : Parlons de votre deuxième album, [Tango koi Uta]. Cet album aborde des thèmes puissants et émouvants, hgfhqu’est-ce que cet album représente pour vous ? Parlez-nous de sa conception.
Yoriko Ichinomiya : La musique est quelque chose de très émouvant pour moi. Quand j’ai débuté l’enregistrement de cet album je savais qu’il serait très important pour moi. Je voulais être entière et me donner au maximum.
Je voulais être nue, je l’ai déjà dit^^, donc cela fut beaucoup plus simple. Moins de notes, moins d’instrument, minimaliste et épuré. Je voulais mette toutes mes émotions en une seule note et je voulais entendre toute les notes que je jouais.
Van : Il y a de nombreux moment fort sur cet album, comme la surprenante ouverture [Kakera] (piano-jazzy), l’émouvante [Tango koi Uta] (avec des influences traditionnelles), l’étrange [All Alone]. Quels sont pour vous les moments forts de cet album, quelles sont les titres qui ont le plus d’importance pour vous ?
Yoriko Ichinomiya : La chanson « Kakera » fut écrite dans mes rêves… Un rêve très vif et puissant. La chanson « All Alone » est la première que j’ai composé, elle est particulière pour moi.
Chaque chanson possède sa propre histoire, mais c’est le titre « Tango Koi Uta » qui signifie beaucoup pour moi. « Tango » est le nom d’un lieu, « Koi » signifie « amour » et Uta « chanson ». Tango est une petite ville au nord de Kyoto, c’est la ville de naissance de ma mère, j’y ai passé tous mes étés quand j’étais enfant. Après avoir perdu ma mère, après mon cancer et mon opération,  après avoir eu des temps difficiles dans ma vie, j’ai décidé de voyager en voiture dans tout le Japon. Un jour je suis allez à Tango, 18 ans plus tard. Personne ne vit dans la maison de ma grand-mère, la petite ville de mon enfance était encore plus petite…
Je me tenais la, debout, pieds nues dans la rue devant la maison et j’ai eu un flashback… Et j’ai entendu un rythme avec le battement de mon cœur et cette chanson est née devant la maison de ma grand-mère.
newVan : J’ai aussi un faible pour l’émouvante ballade [Sayonara no Uta], je trouve cette chanson à la fois triste et lumineuse, dites-nous en plus sur ce titre. Il s’agit d’un générique. Avez-vous travaillé différemment que sur les autres titres ? Parlez-nous également du petit dialogue en Français au début de cette chanson.
Yoriko Ichinomiya : Je pense que mon approche sur ce titre n’a pas été différence, je voulais de la simplicité pour exprimer une vague de sentiment. Quand j’ai écrit cette chanson, je me battais dans ma vie à cause de mon divorce. « Sayonara » pour « Good bye ».
Une année plus tard, entre deux sessions d’enregistrement, j’ai passé mes vacances d’hivers en France. Un jour, j’ai visité la maison d’une amie, et là, j’ai rencontré un petit garçon de 5 ans, Anatol. Il était tellement adorable, si pure et plein de vie.  A ce moment-là j’ai décidé d’aller de l’avant, peu importe les épreuves de la vie, je continuerai à avancer et j’ai dit « good bye » pour continuer mon chemin, comme dans la chanson. Je voulais me souvenir de ce moment alors j’ai demandé à mes amis si je pouvais enregistrer leurs conversations pour ma chanson, c’était parfait !
Van : J’ai trouvé cet album brillant car il réussit à allier des thèmes intéressants, des paroles finement écrites, des compositions et une production stylée et originales et une voix charismatique et délicate. On reconnait des influences de Kate Bush et Bjork (comme pour votre premier album). Etes-vous d’accord avec cet héritage ? Quels sont les artistes qui vous inspirent ?
Yoriko Ichinomiya : Merci beaucoup, votre avis me rend heureuse.
Oui, j’aime beaucoup artiste comme Kate Bush, Bjork, Massive attack, Potishead et Rickie Lee Jones. Je suis heureuse quand j’écoute ces grands artistes car je les admire profondément… De grands musiciens.
J’écoute toute sorte de musique, classique, pop, R&B, soul, blues, club music, bossa, world music et jazz. Je suppose que je suis influencée par tout. Je ne suis pas surprise quand on évoque ces musiciens célèbres, mais quand je compose, je ne pense jamais à la musique des autres.
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Van : Pouvez-vous nous parler de votre sentiment sur les évènements dramatique qui se sont produit au Japon il y a quelques mois ? Influencerons t’ils votre musique ?
Yoriko Ichinomiya : Ce fut une véritable catastrophe, je n’arrive toujours pas à croire ce qui s’est passé. Il y a tellement de gens dans le nord encore en difficulté. J’étais (et je suis toujours) très triste quand je pense à ce sujet. Je ressens une profonde sympathie et je me sens tellement impuissante.
Je me suis posé tant de fois la question sur pourquoi je chante… C’est la seule chose que je peux faire. Je ne sais pas trop quoi penser,  si je chante en souriant, et si je pouvais faire sourire les gens, peut-être il y a un sens à tout cela. Je n’ai pas de réponse, Alors je vais essayer de rester la même, de ne rien changer.
Van : J’ai vue quelques vidéos de vos concerts et je n’ai qu’une chose à dire… Quand venez-vous en France pour un concert !?
Yoriko Ichinomiya : Tout le temps ! Je peux m’envoler dès demain ! (rire)
Van : Quels sont vos projets pour les mois qui viennent ? Devrions-nous attendre 9 ans avant la sortie de votre 3eme album ?^^
Yoriko Ichinomiya : Actuellement je profite car je joue avec de très bons musiciens et je prends le temps de composer pour mon prochain album… J’espère qu’il ne prendra pas une autre décennie ! (rire). Concernant les concerts, avec des amis nous avons commencé un nouveau projet créatif, il s’appelle [Yoriko to the World, baby steps] > Toutes les informations ici <
Van : Quel est votre artiste japonais préféré ?
Yoriko Ichinomiya : Ryuichi Sakamoto
Van : Quel est votre artiste international préféré ?
Yoriko Ichinomiya : Tom Waits
Van : Connaissez-vous des artistes français ?
Yoriko Ichinomiya : Oui bien sûr. J’écoute Brigitte Fontaine, Edith Piaf, Carla Bruni et bien d’autre… J’aime l’atmosphère de la musique française, il y a une très belle touche de nostalgie, un son très artistique.
Van : Quelle est la chanson dont vous êtes le plus fier ?
Yoriko Ichinomiya : Une chanson que j’ai composée à 6 ans. Quand je repense au résultat, cela me fait encore rire !
Van : Qu’écoutez-vous le plus en ce moment ?
Yoriko Ichinomiya : A la maison j’écoute de la musique calme en ce moment. Cassandre Wilson, SADE, Jamie Cullum et beaucoup de jazz.
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Je remercie chaleureusement Yoriko pour cette interview passionnante et je ne peux que vous conseiller d’acheter ses albums. Vous pouvez acheter les albums suivants sur HMV :
Pour plus d’informations :
2011.08.02
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Une réflexion sur “[Interview Exclusive] Yoriko Ichinomiya !

  1. Pingback: Yoriko Ichinomiya en concert USTREAM (demain !) | Van Jmusic

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